Notre nouvelle année d'instruction libre #1

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Je profite toujours de la pause estivale pour imaginer notre nouvelle année, au regard de la précédente et de mes nouvelles envies et idées. J’aime ce moment où l’on peut tout inventer, tout rêver, comme une page blanche qui ouvre la porte à toutes les possibilités… mettre certaines choses au placard, en sortir d’autres… inventer et s’inspirer. C’est vrai qu’il est possible de faire cela à tout moment, mais le creux de l’été est propice à ce redémarrage.

J’ai du mal à réaliser que nous commençons notre 5ème année d’instruction libre ! Quelle chance nous avons de pouvoir poursuivre cette aventure qui donne une autre dimension à notre vie.
Si je regarde l’année écoulée cependant, j’ai un sentiment mitigé, avec comme un arrière gout qui reste dans la bouche ; la sensation de ne pas avoir accompli assez, pas fait grand chose finalement, et d’avoir dépensé beaucoup d’énergie pour amener les filles à travailler sans grand succès. 

Mais au fond de moi, je sais que ça n’est pas complètement vrai et je sais qu’elles ont appris une quantité de choses, qu’elles ont évolué. Car la vie n’arrête pas son travail, pas plus que l’enfant ne s’arrête de grandir, d’évoluer et de se développer.
Même si cette 4ème année d’instruction en famille n’a pas été notre meilleure, c’est comme ça ; il y a des bosses, des creux et des virages, on n’avance jamais en ligne droite. Alors je vise plus haut pour cette 5ème année (mais sans ce mettre la pression !).

 
 
 


On a tous un rêve, un idéal que l’on aimerait atteindre. C’est un but qui nous pousse et nous motive. Mais il ne faut pas qu’il devienne un fardeau, cet idéal.

Dans mon rêve, l’instruction en famille est facile tous les jours, fluide et naturelle… dans ce rêve nous sommes toutes les trois calmes et attentives au moment présent, nous parlons avec amour et avec des mots justes, jamais blessants ou moqueurs. Dans ce rêve nous avons une grande pièce claire et chaleureuse, dédiée à nos moments de travail ensemble, un atelier où nous laissons nos affaires et nos projets en cours, un lieu accueillant où la lumière entre à flot, avec vue sur la nature. Dans ce lieu chacune de nous a son espace personnel, de même qu’une grande table pour se retrouver. Il y a du matériel, de la musique, du thé chaud, du calme, et un immense tableau noir qui se fait le témoin de nos recherches et digressions. Dans ce rêve également, les filles sont motivées et tout repose moins sur mes épaules. Dans ce rêve nous pouvons ouvrir la porte pour nous échapper dans la nature, pour l’observer et l’étudier ou pour y étaler un plaid et lire à voix haute, ensemble. Et comme c’est un rêve, nous pouvons toujours nous rendre à toutes nos activités à pied à quelques minutes de la maison. Dans ce rêve tout est facile, je n’y ressens jamais le poids de la société sur nos épaules pour les choix différents que nous faisons.

Mais c’est un rêve.
Dans la vraie vie le thé refroidit toujours trop vite, le livre choisi pour la lecture à voix haute ne plait pas à l’une et la seconde ne veut jamais faire de maths. Et parfois nous perdons patience… parfois les filles se chamaillent et se parlent mal. Parfois personne n’est motivé par rien et le Poetry Tea Time tombe à l’eau car il faut vite filer à la bibliothèque rendre les livres en retard. Dans la pièce, qui n’est jamais assez grande, le bazar règne malgré nos efforts pour ranger au fur et à mesure. Et il y a des jours où nous restons au lit pour commencer la journée en lisant car l’énergie n’est pas au rendez-vous. Mais c’est comme ça, la vie n’est pas lisse et rêves et réalité ne sont pas toujours alignés. Par moments ils le sont, mais pas toujours et ça n’est pas grave.

 
 

Nous voilà donc en début d’année, et je prends du temps pour recaler rêve et réalité. Ça ne veut pas dire abandonner un idéal, mais faire le tri et avancer, un pas après l’autre en direction de cet idéal en s’appuyant sur nos forces et sur tout ce que nous avons déjà.
C’est être réaliste. 
Être réaliste c’est aussi être conscients des difficultés et être capables de voir qu’elles ne gâchent pas l’ambition. Le réalisme rend notre ambition plus sage et plus tranquille ; le réalisme nous permet aussi d’accepter que tout n’a pas besoin d’être parfait pour être parfait !

L’écriture, encore une fois, joue ici le rôle de révélateur. L’écriture me dévoile ce qui se cache en moi et m’aide à mieux le comprendre. Si je vous partage ces réflexions, c’est que j’imagine que je ne suis pas la seule à passer par là. Parfois lire le chemin des autres nous éclaire aussi sur nous-même.

J’avais l’intention de rédiger un billet sur l’organisation de notre nouvelle année. C’est ce que je vous avais promis, il me semble bien… Finalement, c’est autre chose qui est sorti.

Pour terminer ce texte déjà bien long, je vais jeter ici mes volontés, mes rêves pour cette nouvelle année et je reviendrai bientôt mettre tout ça en ordre et vous raconter où nous en sommes.
Pour cette années je veux :

  • Revenir à tout ce que l’on aime. C’est le bonus du minimalisme. Quand on a enlevé ce qui ne sert plus, il ne reste que ce que l’on aime ! Et ça marche dans tous les domaines.

  • Prendre le temps d’honorer les besoins uniques de mes filles, me connecter à elles et les écouter vraiment.

  • Créer un planning souple mais avec des objectifs (car c’est motivant), et qui ne nous donne pas le sentiment d’être toujours à la traine.

  • Accompagner mes filles vers plus d’autonomie dans leur travail (car moi-même j’en aurais pas mal à gérer en parallèle…)

  • Et bien sûr nous amuser beaucoup et voyager !

Et puis sinon, on continue comme avant, car il faut le dire, on se débrouille pas trop mal ! (ça fait du bien quand même de se faire des compliments de temps en temps ;-))